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Le chateau episcopal

Le château épiscopal

 Nous voici maintenant dans la cour d’honneur du palais épiscopal. Ce grand vaisseau de pierre fût la résidence de la presque totalité des 34 évêques qui se sont succédés à St Papoul durant près de 5 siècles. Avant d’être épiscopal et certainement de moindre importance, il fût palais abbatial. Il abritait alors les responsables de l’abbaye contigüe à ce bâtiment.

Au XVème siècle, Mgr Pierre Soybert 1426-1431, restaure l’ensemble des bâtiments de l’abbaye alors en ruine ainsi que le palais épiscopal.

Dans la seconde moitié du XVIème siècle, l’évêché est laissé à l’abandon. Evêques et chapitre, c'est-à-dire l’ensemble des personnes chargées de l’administration, se renvoient la responsabilité d’entretenir l’église et les bâtiments conventuels (c’est à dire qui appartiennent à la communauté religieuse).

De grands travaux sont entrepris au palais épiscopal au XVII et au XVIIIème siècle en particulier par Mgr François Barthélémy de Grammont de Lanta de 1677 à 1716 et de Mgr Daniel Bertrand de Langle de 1739 à 1774 qui par ailleurs sera à l’origine de la création et le bienfaiteur de l’hôpital de Castelnaudary à qui il lèguera les quelques six mille volumes qui composaient la bibliothèque du Palais.

Puis, l’évêché supprimé au lendemain de la Révolution, l’église devient paroissiale et le palais épiscopal est acheté par Monsieur Tournier qui le sauve de la démolition. Il rentrera par la suite dans la famille illustre du Général d’Hautpoul avant d’appartenir aux Jonquières d’Oriola. Actuellement maison d’enfant à caractère social, le palais ou comme on dit ici, le château,  est un lieu de formation.

Bien que l’ancien réfectoire des moines soit occupé partiellement par la mairie qui y a installé l’accueil des visiteurs et un petit musée. L’ancien palais épiscopal est une propriété de type privé administrée par une association dénommée ANRAS. La commune reste propriétaire de l’église et du cloître.

Le palais épiscopal forme une entité indépendante au Sud des bâtiments conventuels.

Il s’appuie sur l’aile méridionale du cloître et occupe même un des anciens bâtiments conventuels dont nous venons de parler : l’ancien réfectoire dortoir qui fût reconstruit comme la salle capitulaire d’ailleurs, à l’époque gothique.

Ce bâtiment est lui-même perpendiculaire à la galerie orientale du cloître. Les ouvertures de sa partie Sud, selon une habitude du midi, ainsi qu’une grande baie à l’Est (en partie murée aujourd’hui) et un oculus à l’Ouest suffisaient à l’éclairage. A l’intérieur on remarquera une chaire de lecteur récemment dégagée mais toujours en partie murée.

Les niveaux et la distribution  intérieure ont été modifiés. Le bâtiment a été surélevé et divisé en deux niveaux correspondant au deuxième étage, aux quatre chambres des chanoines établies dans l’ancien comble. Cette disposition perdure encore aujourd’hui.

Le premier étage est rythmé par quatre arcs diaphragmes aux claveaux appareillés dont l’un porte la date de 1767.

Le palais médiéval :

Le palais épiscopal d’époque moderne cache un bâtiment plus ancien construit entre le XIVème et le XVème siècle. Il en subsiste plusieurs vestiges : des meurtrières près de la porte, des ouvertures murées avec de grands arcs appareillés brisés, des restes de fenêtre flamboyante sur la cour.

Ce premier palais comportait les trois ailes actuelles. A l’Ouest et au Sud on a plaqué, au XVIIème siècle, une galerie surmontée d’un couloir qui dessert les pièces nobles à l’étage. Il reste trois vestiges de tours circulaires. Elles occupaient les angles de la bâtisse au NE, au SE, au NO. Cette dernière plus massive abrite une bouche à feu dirigée vers la cour.

Le palais épiscopal et l’époque moderne :

Du temps de l’évêque de Grammont de Lanta, fin du XVIIème début XVIIIème siècle, sont construits deux bâtiments sur cour. Ils sont peu profonds, plaqués sur toute la hauteur des courtines (muraille reliant deux tours) et destinés à assurer la circulation des différents niveaux. La galerie du rez-de-chaussée, à claire voie et à vocation utilitaire assure la transition entre les anciennes salles du bas et la cour d’honneur.

La résidence épiscopale se concentre alors dans les ailes Sud et Ouest. Ces deux longues façades perpendiculaires sont d’ordonnance très régulière, sans décrochement, et à deux niveaux séparés par un bandeau horizontal. Elles se composent d’une galerie en anse de panier au rez-de-chaussée et à l’étage,  de hautes fenêtres très sobres. L’accent est mis sur l’escalier monumental à l’angle Nord Ouest de la cour.

L’aile orientale cantonnée de deux tours circulaires abrite l’entrée principale du palais avec un grand portail rectangulaire surmonté d’un fronton courbe.

Le grand corps du bâtiment Sud qui donne sur le parc, a été construit en dernier, à la fin du XVIIIème siècle, sous l’épiscopat de Mgr Guillaume Joseph d’Abzac de Mayac. Ce bâtiment tourne le dos au palais médiéval initial et possède sa propre autonomie. Il se compose d’un corps central encadré par deux ailes latérales peu saillantes. Le haut soubassement soutient un étage noble couronné par une terrasse à balustres appelé étage d’attique. Les façades restent d’une totale simplicité.

A l’intérieur, les salles de réception et les chambres ont reçu de très remarquables décors de gypseries, des cheminées de marbre, des lambris de grande qualité.

Juste un petit mot sur les maisons canoniales qui entourent la cathédrale :

Douze chanoines sont logés à l’intérieur de l’enceinte de la cité cathédrale. Ils disposent aussi de douze petits jardins situés le long du ruisseau. Il ne subsiste aujourd’hui que de deux de ces maisons visibles sue la place du Pati à droite de l’entrée du cloître.

Par arrêté du 17 mars 1943, les façades et les toitures du château, c'est-à-dire du palais épiscopal étaient inscrites au MH.

Le 18 juillet 2007, a été signé un arrêté ministériel de classement de l’ancien palais épiscopal  dans sa totalité et le 31 juillet 2007, un arrêté préfectoral d’inscription des façades et toitures des anciennes maisons canoniales.

 
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