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le palais épiscopal de saint Papoul

SAINT-PAPOUL (Aude)
- ancien palais épiscopal et son parc
classement par arrêté du 18 juillet 2007
- anciennes maisons canoniales
inscription par arrêté du 31 juillet 2007



Cet ensemble a fait l’objet en 2007 d’une extension de protection (seuls façades et toitures du « château » ainsi que son parc étaient inscrits par arrêté du 17 mars 1943) afin d’obtenir une protection plus globale des anciens bâtiments de l’abbaye de Saint-Papoul (église abbatiale puis cathédrale, cloître, ancien palais abbatial puis épiscopal, anciennes maisons canoniales)

Le diocèse de Saint-Papoul créé en 1317 par démembrement de celui de Toulouse est un des plus petits évêchés de France. Le lieu de résidence de l’évêque était l’ancien palais abbatial devenu épiscopal. Au XVe siècle, l’évêque Pierre Soybert restaure l’ensemble des bâtiments de l’abbaye, y compris le palais épiscopal, en ruine. Dans la seconde moitié du XVIe s, l’évêché est laissé à l’abandon. Evêques et chapitre se renvoient la responsabilité d’entretenir l’église et les bâtiments conventuels. De grands travaux sont entrepris au palais épiscopal aux XVIIe et XVIIIe siècles en particulier par François Barthélémy de Gramont de Lanta (1677-1716) et Bertrand de Langle (1739-1774). L’évêché est supprimé à la Révolution. L’église devient l’église paroissiale et le palais épiscopal est vendu à la famille d’Hautpoul, puis Jonquières d’Oriola. Actuellement maison d’enfants à caractère social, le palais sert de lieu de formation. L’ancien réfectoire (aile Nord du palais) est occupé partiellement par la mairie qui y a installé l’accueil des visiteurs et un petit musée sur l’abbaye. La commune souhaite récupérer le bâtiment dans sa totalité, dans une logique de mise en valeur de l’abbaye.

Le palais épiscopal forme une entité indépendante au sud des bâtiments conventuels et de l’église, s’appuyant directement sur la galerie méridionale du cloître. Il occupe d’ailleurs un des anciens bâtiments conventuels : l’ancien réfectoire-dortoir, reconstruit comme la salle capitulaire à l’époque gothique. Ce bâtiment, perpendiculaire à la galerie orientale du cloître, comportait un vaste vaisseau unique peut être simplement charpenté, éclairé par une grande baie en tiers point en partie murée à l’est et par un oculus à remplage à l’ouest. Selon une habitude méridionale, les autres baies (à trilobe dans un arc brisé), au nombre de quatre, étaient percées au sud. Une chaire de lecteur (en partie murée) sur le mur nord a été partiellement dégagée lors des récents aménagements de ce local en salle d’exposition.
Les niveaux et la distribution intérieure ont été modifiés. Le bâtiment a été surélevé et divisé en deux niveaux correspondant dans les archives aux quatre chambres (maisons) de chanoines établies dans l’ancien comble. Cette disposition perdure encore aujourd’hui. Le rez-de-chaussée est rythmé par quatre arcs diaphragmes aux claveaux appareillés dont l’un porte la date de 1767.

Le palais médiéval
Le palais épiscopal d’époque moderne cache un bâtiment plus ancien, bâti au XIVe-XVe siècle, dont on peut voir de nombreux vestiges (meurtrière près de la porte, ouvertures murées avec de grands arcs appareillés brisés, vestige de fenêtre flamboyante sur la cour). Ce premier palais comportait les trois ailes actuelles, sur lesquelles on a plaqué au XVIIe s., à l’ouest et au sud, une galerie surmontée d’un large couloir desservant les pièces nobles de l’étage. Trois vestiges de tours circulaires occupaient les angles de la bâtisse : au nord-est, sud-est et nord-ouest ; celle du nord-ouest semble plus massive et présente une bouche à feu dirigée vers la cour.

Le palais épiscopal de l’époque moderne
La première campagne, sans doute due à l’évêque François de Barthélémy de Gramont de Lanta voit la construction de deux corps de bâtiments sur cour, peu profonds, plaqués sur toute la hauteur des anciennes courtines, et destinés à assurer la circulation des différents niveaux. La galerie du RDC à claire-voie, à vocation utilitaire, assure la transition entre les anciennes salles du rez-de-chaussée et la cour d’honneur. La résidence épiscopale se concentre alors sur les ailes sud et ouest. Ces deux longues façades perpendiculaires, d’une ordonnance très régulière, sans décrochements, sont à deux niveaux séparés par un bandeau horizontal : une galerie à arcades en anse de panier au rez-de-chaussée, et un niveau de hautes fenêtres rectangulaires très sobres à l’étage. L’accent est mis sur l’escalier monumental bâti dans l’angle nord-ouest de la cour.
L’aile orientale, cantonnée des deux tours circulaires, abrite l’entrée principale du palais (grand portail rectangulaire à encadrements à refends surmonté d’un fronton courbe).

Le grand corps de bâtiment sud sur le parc a été le dernier construit dans le dernier quart du XVIIIe siècle, sous l’épiscopat de Mgr d’Abzac entre 1774 et 1782 (dates de l’inventaire après décès qui ne le mentionne pas et du plan cadastre qui le porte). Il tourne le dos au palais médiéval et possède sa propre autonomie, l’architecte (peut-être Raymond dit philosophe de Toulouse) ayant dû modifier les dispositions intérieures pour raccorder les deux bâtiments. Il se compose d’un corps central encadré par deux ailes latérales fort peu saillantes. Le haut soubassement à un niveau soutient un étage noble et un étage d’attique, le tout couronné par une terrasse à balustres. A l’extérieur, une totale simplicité règne sur les façades.
A l’intérieur, les salles de réception et les chambres ont reçu de très remarquables décors de gypseries, des cheminées de marbre, des lambris de grande qualité.

Les maisons canoniales entourant la cathédrale
Les 12 chanoines sont logés à l’intérieur de l’enceinte de la cité cathédrale. Le dénombrement de 1726 signale que “le chapitre jouit dans l’enclos de leur cloître huit petites maisons et quatre chambres qu’on appelle dortoir lesquelles huit maisons peuvent tout au plus loger huit chanoines avec leur valet, et les quatre chambres qu’on appelle communément claustrales auxquelles personne n’a jamais habité, lesquelles maisons et chambres sont jouies noblement par les titulaires”. A cela il faut ajouter, “douze petits jardins situés le long du ruisseau qui passe aud. St Papoul possédés par douze chanoines”. A l’ouest près du ruisseau toutes les maisons ont été abattues au début du XIXe s. par des particuliers , il en subsiste 2 à l’est visibles de la place et qui délimitent encore l’enceinte du quartier canonial.

 
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